universalis vs wikipedia

Discrète évolution des usages d’accès aux connaissances générales.

L’actualité fait un état des lieux saisissant de l’évolution des nouvelles méthodes d’accès aux savoirs.

Encyclopædia Universalis dépose le bilan.

Comment est-ce possible ? Cette bible de la connaissance se meurt. On consultait et s’inspirait de cette ressource volumineuse et exemplaire dans nombre de travaux. On héritait même d’une encyclopédie complète ! Quelle malédiction a pu empoisonner cette référence ? Quel fatal substitut a pu lui tordre le cou ?

Wikipédia

Peu à peu, cet ouvrage numérique de références générales est devenu le plus grand et le plus accessible. Quel est ce prodige ?

 N’importe qui peut accéder à son contenu, en ligne. Tout le monde peut modifier la quasi-totalité de ses articles. La clé est là. A l’inverse d’une poignée d’érudits proposant leurs définitions et la figeant sur papier, le principe même du wiki propose une méthodologie différente et totalement adaptative. Tout le monde peut poser une pierre à l’édifice. Les sachants, aux quatre coins du monde, rédigent, contrôlent, ajustent, corrigent mais surtout complètent chaque définition. Chacun bénéficie du savoir des autres. L’encyclopédie devient de plus en plus complète et précise, mais également virtuelle, légère et accessible.

Nous vivons quasiment tous avec un ordinateur ou un smartphone. Une définition, une date et un fait peuvent être retrouvés en quelques secondes, en bénéficiant d’une visibilité sur les rédacteurs, d’informations complémentaires…Toute une somme de liens annexes utiles.

Mettons ce fait et cet usage nouveau en lien avec l’apprentissage.

Avez-vous déjà, lors d’une formation en salle, invité vos apprenants à proposer eux-mêmes une définition (d’un terme ou d’un principe quelconque) ? Chacun propose sa définition. Chacun écoute la proposition des autres. Chacun corrige, agrémente, souligne, appuie, modifie, complète la définition des autres. Cette co-construction des savoirs améliore-t-elle l’acquisition des savoirs ? 

L’appropriation de l’information est-elle facilitée par la manipulation, le jugement, les interrogations soulevées par les participants ? Selon vous une définition que vous auriez vous-même proposée aurait-elle pu être la même que celle proposée par vos apprenants ? Auraient-ils mieux appris en suivant votre présentation s’ils n’y avaient pas participé (s’ils n’avaient pas été invités à réfléchir) ?

En distanciel, une méthodologie peut s’appliquer. Au sein d’une plateforme collaborative, à l’aide d’interactions ludiques et sociales, une communauté peut avoir accès à des espaces d’échanges collaboratifs (comme des forums, des webinaires, des sites de publications notamment) et faire vivre un dispositif de formation en le faisant évoluer, en le modérant, en l’enrichissant.

 Sans nous en rendre compte, une page de l’accès à l’information s’est déjà tournée, en silence.

Comme on consulte et on publie un avis pour compléter la description d’un hôtel ou d’un restaurant, aujourd’hui, toute définition, description, explication s’enrichie de manière collective.