Vous avez dit : « savoirs » ou « compétences » ?

Compétence et savoir…Le service de la veille scientifique a consacré son dossier de fond du mois d’avril à la notion de compétence. Intitulé « de la transmission des savoirs à l’approche par compétences », le dossier replace l’approche par compétence dans un contexte international et tente de clarifier ce terme polysémique.

La question de départ est celle de la différenciation entre les notions de compétence et de savoir.

Extrait de la présentation du dossier :

« S’agit-il d’une approche plus concrète et pratique des connaissances ou d’une remise en cause des disciplines traditionnelles? D’une nouvelle façon de piloter les curriculums ou d’une autre méthode pédagogique ? S’agit-il de simplement désigner la montée en charge de problématiques interdisciplinaires ou de construire une démarche d‘apprentissage inédite ?

Il n’y a apparemment pas de consensus net qui se dégage sur ces questions, tant dans la communauté des chercheurs que dans le monde éducatif.

On a par exemple pu remarquer que pour certains spécialistes des compétences, ces dernières représentent une alternative à la pédagogie par objectifs issue des conceptions comportementalistes alors qu’en France, notamment, de nombreux pédagogues utilisent les objectifs dans un cadre d’inspiration socio-constructiviste bien éloigné du behaviorisme.

Au niveau international, l’idée de compétences clés a bien été popularisé par les organisations internationales, mais on note encore de larges différences entre par exemple les variantes de « skills » dans les pays de langue anglaise ( « basic skills », « life skills »…), qui désignent souvent des compétences pré-professionnelles ou sociales de base et les « compétences » mises au cœur des réformes pédagogiques au Québec (Renouveau pédagogique) ou en Communauté française de Belgique (décret Missions).

Au niveau français, le « socle commun de connaissances et de compétences » adopté en 2005 constitue encore la référence officielle censée guider les contenus d’enseignement, mais on ne peut que constater que la récente réforme des programmes de l’école primaire est assez éloignée à ce qu’est censée représenter l’approche par compétences : contextualisation des connaissances, apprentissage par situations-problèmes, intégration des savoirs plutôt que segmentation par discipline et par sujet, etc.

En fait, on peut se demander si le concept de compétences, beaucoup plus abordé et discuté dans les autres pays francophones, n’est pas resté encore largement bloqué aux portes des écoles françaises, dont la tradition académique et la régulation par programmes se révèle particulièrement rétive à ce qu’implique l’introduction des compétences dans un curriculum global. »