Lisibilité numérique et conception #2

Pour continuer notre réflexion sur ce que représente la lecture sur écran et en quoi elle influence notre travail de conception, poursuivons par la revue des facteurs technologiques influençant la lecture.

Pour bien comprendre l’impact, il faut rappeler le fonctionnement d’un écran d’ordinateur. Contrairement à un support papier imprimé, un écran n’affiche pas le contenu de manière définitive.
La plupart des écrans sont basés sur la technique du tube cathodique : un canon à électrons émet un rayon d’électrons, dirigé par des champs magnétiques. Les moniteurs se définissent selon plusieurs critères dont les deux suivant, directement impliqués dans la perception visuelle de l’utilisateur :

  • la définition de l’écran : c’est le nombre de points (pixel) que l’écran peut afficher, ce nombre de points est généralement compris entre 640×480 (640 points en longueur, 480 points en largeur) et 2048×1536. Chaque pixel contient des éléments phosphorescents qui émettent de la lumière lorsqu’ils sont frappés par le rayon d’électrons. Ce rayon balaie (scan) l’écran de gauche à droite, ligne par ligne, du haut de l’écran vers le bas. Grâce à la persistance de l’image rétinienne, l’œil humain ne perçoit pas ce balayage pour autant qu’il soit effectué à une vitesse importante (environ 60 fois par seconde). L’augmentation de cette fréquence permet de réduire l’effet de scintillement.
  • la résolution de l’écran : elle détermine le nombre de pixels par unité de surface (pixels par pouce linéaire (en anglais DPI : Dots Per Inch, points par pouce). Une résolution de 300 dpi signifie 300 colonnes et 300 rangées de pixels sur un pouce carré ce qui donnerait donc 90000 pixels sur un pouce carré. La résolution de référence de 72 dpi nous donne un pixel de 1″/72 (un pouce divisé par 72) soit 0.353mm, correspondant à un point pica (unité typographique anglo-saxonne).

Ces deux caractéristiques techniques montrent que la lecture à l’écran dépend de facteurs purement « physiques » inhérents au moniteur et qu’une dégradation de l’un ou de l’autre de ces facteurs a un impact immédiat sur la perception visuelle. On comprend qu’une définition et une résolution basse de l’écran entraîne un amoindrissement significatif de la lisibilité. Cette caractéristique est soulignée par la revue alsic (Source : Revue Alsic en ligne) :

(…) une première réflexion sur l’apparence des écrans souligne deux difficultés principales : une lecture lente (moindre résolution graphique, fatigue visuelle) et un affichage de taille restreinte (demi A4) par rapport au support papier classique.(…)