Lisibilité numérique et conception #1

Dans le cadre de notre travail de conception, nous sommes amenés à réfléchir sur la disposition d’éléments graphiques et textuels sur une page. Dans le cadre de son mémoire sur la conception d’un module de lecture rapide, Anne-Laure Thomas, consultante chez Symetrix, a effectué une recherche présentée lors de nos Midis de la connaissance sur l’impact de l’écran sur la lecture. Nous ouvrons donc une série de billets extraits de son travail.
A l’époque des premiers logiciels, la lecture à l’écran était limitée et les enjeux moindres. Le nombre de contenus accessibles il y a une dizaine d’années ne peut être comparé à la masse d’informations disponible aujourd’hui suite à l’avènement d’Internet. Le format des contenus non plus, c’était le plus souvent des écrits type mémoire ou recherches.

En 2008, à l’heure de l’hyper textualité, de nouveaux comportements de lecture comme le « surf » sur internet, la lecture sur écran a totalement changé d’optique. Alain Giffard le résume ainsi dans son texte Idée du lecteur (Nouveaux média, nouveaux langages, nouvelles écritures, collectif, L’Entretemps éditions, septembre 2005)

(…) la lecture numérique excelle pour la lecture d’information et la lecture, ce à quoi correspond la notion de navigation ; elle achoppe à la lecture d’étude (…). D’une certaine façon, le potentiel hypertextuel numérique est toujours trop puissant pour la lecture d’étude.(…)

Pour comprendre la dimension numérique, partons de la définition de la lisibilité sur papier. Elle définie comme « une aptitude du texte à se faire comprendre » (Bourque, 1989). Cette définition très large implique que le lecteur sache reconnaître dans le texte les signes qui permettent sa compréhension. En anglais, comme le rapporte Morin, Sallio et Kretz (1982), on utilise “legible” pour désigner la lisibilité matérielle, typographique d’un texte et “readability” pour désigner la dimension intellectuelle et psychologique lié au processus de compréhension d’un texte lu. Comme le mentionne Richaudeau (1978), un texte efficace est un texte qui permet une lecture efficace c’est-à-dire qui permettra au lecteur d’être enrichi d’une information nouvelle. La lisibilité est donc l’association de facteurs reliés au lecteur, à la lecture et au support papier.

Concernant la lisibilité numérique, on peut compléter la première définition par « une aptitude du texte à se faire comprendre qui prend en compte la technologie numérique » c’est-à-dire l’affichage digital.

Nous verrons jeudi les facteurs technologiques qui influencent la lecture. Nous poursuivrons lundi prochain par l’étude de l’impact de l’interface proposée sur les écrans. La série continuera par l’étude d’autres aspects tels que la spatialisation de la page etc.
Ne manquez donc pas les prochains épisodes !