Tranche de vie : le repas #1

Nous vous nourrissons depuis quelques jours de nourriture hautement spirituelles, avouez que vous commencer à avoir faim d’un bon jambon beurre ! Ça tombe bien, voici un weekend spécial tranche de vie chez symetrix. Le repas chez nous, ça ressemble à quoi ?

L’une des différences majeure entre une petite et une grande entreprise concerne un temps paradoxalement hors entreprise : le repas. Dans les grandes entreprises, on le prend dans un restaurant, chez nous dans « la salle de bouffe ».

Chez Symetrix donc, il y a une salle à manger grande comme mon salon mais pouvant contenir jusqu’à 30 personnes simultanément chaque jour (ce qui n’arrive chez moi environ qu’une fois tous les 4 ans quand j’organise le nouvel an). A l’instar des universités, cette salle a été conçue pour 10 et utilisée par le triple. Comme dirait l’autre, « on est beaucoup trop serrés, résultat on mange mal et donc on digère mal (1) . »

Au-delà de cette considération de taille (sic), convivialité et simplicité sont de mises à l’heure du repas ; sel et papier essuie-tout volent gaiment au gré des appels ; parfois ils ratent leur cible, on dit alors que la note sera salée. (C’est notre côté restaurant d’entreprise qui ressort).

Nous n’avons rien à envier à ces mêmes grands restaurants d’entreprise question attente, attente qui peut atteindre plusieurs dizaines de minutes devant les micro-ondes (ces derniers ayant un temps de réchauffage inversement proportionnel au réchauffement climatique).

Le mobilier quant à lui affiche des signes avant-gardistes évidents post nucléaire : pas une chaise ne ressemble à une autre, chacune portant les stigmates d’une vie antérieure un peu bousculée : dossier disparu, pieds sciés, mécanisme vrillé, choisir son siège est une véritable épreuve. Pour se remettre, il y a heureusement un bon canapé et son fauteuil assorti, desquels s’extraire est cependant assez ardu et déconseillé aux personnes souffrant de mal de dos et de plus de 35 ans.

Ce que nous envie le grand restaurant d’entreprise cependant, c’est l’inénarrable jeu de fléchettes qui offre un délassement sans équivalent aux employés de Symetrix. NB : réservé exclusivement aux joueurs confirmés, la proximité de la cible avec les tables demande une concentration et une dextérité qu’il s’agit de tester avant d’autoriser toute partie.

En termes de nourriture, plusieurs écoles s’affrontent :

  • les prévoyants appelés également amoureux des boîtes Tupperware© qui cuisinent la veille leur repas. De taille, forme et couleur variées, les boîtes apportent à la table une note ludique certaine : quel plaisir d’assister au retrait de ladite boîte du micro-onde et à la danse de son heureux propriétaire (****** c’est trop chaud !) suivie de la grimace à la première bouchée (****** c’est tout froid !). Ces boîtes donnent lieu également à des conversations historiques : mes boîtes, je les tiens de ma grand-mère ! Entre hommes évidemment, tout est question de taille et de performance : la mienne, elle contient plus que la tienne ; oui mais la mienne réchauffe plus vite, tandis que chez les femmes, c’est le style qui compte. Peu importe les pates, pourvu que la boîte soit du dernier cri. Waouh, les tiennes s’empilent !
  • les amoureux des sandwiches en tout genre : situé « avantageusement » en bordure d’un grand centre commercial (et en embuscade d’une cité), Symetrix offre à portée de main une diversité de nourriture qui plonge les employés dans un désarroi profond au moment du choix, forcément cornélien (et non cornichon) : jambon-beurre, jambon-fromage, jambon fromage beurre, chaud, froid, brownie ou (mini) salade de fruits, eau plate ou boisson gazeuse. Contre la modique somme de 15 à 20 euros, ils reçoivent un morceau de pain assorti d’une demi-tranche de charcuterie et d’une énième bouteille de plastique à recycler (des poubelles XXL sont apparues dans la salle pour faire face à cet afflux).
  • les aventuriers : ces derniers risquent leur vie régulièrement en allant se fournir dans le Fast Food le plus proche. Il faut saluer leur courage. D’ailleurs, nous le faisons chaque fois que nous leur souhaitons « bonne chance » en lieu et place de« bon appétit ».

(1) Pierre Palmade « le service militaire »