Conception pédagogique #4

Chez Symetrix, les connaissances, rassemblées dans le référentiel de connaissances que nous livre le client, sont le pivot de notre conception. L’entrée par les connaissances nous donne l’occasion de présenter une approche de la conception centrée sur le traitement des connaissances : l’approche de la formation et de l’enseignement stratégique de Tardif (1992) qui nous ouvre de nombreuses pistes pour améliorer encore la qualité de nos offres de e-formation.

Le modèle de la formation et de l’enseignement stratégique repose sur une approche de psychologie cognitive qui postule que l’apprentissage tout comme l’enseignement repose sur un processus de traitement des informations.
Dans le champ de l’apprentissage et de l’enseignement, la psychologie cognitive «porte sur l’analyse des conditions, en vue de les reproduire à volonté, qui créent les probabilités les plus élevées de provoquer et de faciliter l’acquisition, l’intégration et la réutilisation des connaissances chez l’apprenant » (Tardif 92, p. 28).

Elle s’appuie sur quelques grands principes clés :
L’apprentissage…

  • Est un processus actif et constructif
  • Est l’établissement de liens entre les nouvelles informations et les connaissances antérieures
  • Requiert l’organisation constante des connaissances
  • Concerne autant les stratégies cognitives et métacognitives que les connaissances théoriques
  • Concerne autant les connaissances déclaratives et procédurales que conditionnelles

L’enseignant-concepteur définit des situations d’apprentissage en relation avec un contenu, mais aussi en vue de développer les stratégies cognitives et métacognitives propres au traitement de ce contenu.
Pour définir ces situations, il part des connaissances antérieures des apprenants et il explicite pour chaque tâche les stratégies pertinentes. Il apporte une attention particulière à la représentation des connaissances et privilégie les schémas.
L’enseignant-concepteur intervient sur trois phases principales : la phase de préparation de situations d’apprentissage, la phase de présentation du contenu, la phase d’application et de transfert des connaissances.
Dans ces différentes phases, il joue différents rôles :
– un rôle de penseur et de preneur de décision, notamment par rapport au contenu du programme à proposer aux élèves et par rapport aux stratégies cognitives et méta-cognitives associées.

– un rôle de motivateur qui donne à l’apprenant une vision claire des retombées des activités proposées et de l’engagement de ce dernier dans le processus d’apprentissage. Par exemple, l’enseignant permet à l’apprenant de percevoir ses erreurs différemment, comme une information sur ses propres stratégies qui lui permet d’être conscient des stratégies d’apprentissage qu’il met en œuvre.

– un rôle de modèle : «l’enseignant stratégique illustre toutes les phases de réalisation de l’activité, toutes les questions que soulève cette tâche pour l’expert et l’ensemble des stratégies auxquelles il faut faire appel » (Tardif, p. 308)

– un rôle de médiateur entre l’apprenant et la tâche à accomplir, entre l’apprenant et le contenu. Ainsi, l’enseignant explicite très précisément les critères d’évaluation de la performance attendue. Mais « ce n’est pas un rôle défini en soi ; au contraire, c’est un rôle qui se précise en étroite relation avec les connaissances antérieures de son élève, son niveau d’autonomie dans l’apprentissage, sa motivation scolaire et les difficultés inhérentes à la tâche présentée » (Tardif, p. 310)

– un rôle d’entraîneur qui place l’apprenant devant des tâches complexes de type résolution de problème. Il privilégie un enseignement orchestré des connaissances en donnant l’occasion à l’apprenant de traiter des informations de différentes sources.

A lire ou relire : Tardif, J. (1992). Pour un enseignement stratégique. Montréal : Les éditions Logiques.